PAYS BRETON
Depuis ce champ de fougères oranges ou la bruine pénètre chaque couche de vêtements, j’entends les basses répétitives d’un sound system, un souvenir.
actualité du chemin parcouru
Depuis ce champ de fougères oranges ou la bruine pénètre chaque couche de vêtements, j’entends les basses répétitives d’un sound system, un souvenir.
Je me suis dit, ce voyage ne doit pas être une performance, déjà, je n’en ai pas les compétences physiques, et aussi pour échapper à cette construction sociale de l’exploit. Je ne nie pas, par le passé, avoir ressenti le besoin de me prouver des choses et j’espérais cette fois-ci aller « à la rencontre de » et récolter…
Depuis le versant sud je rentre à nouveau parmi les troncs, de vieux troncs sur lesquels le temps a signé son passage, des arbres que les bipèdes ont bien voulu laisser en paix.
Je suis ému de parcourir cette forêt ancienne. Le chemin est hyper kiffant, et je suis tiraillé entre rouler lentement pour apprécier et me laisser emporter par ces courbes et racines.
Pendant l’heure dorée tout le peuple des cimes participe au bruyant chant du bout du jour, comme pour saluer le soleil invaincu.
Depuis les hauteurs, une forteresse se dresse, surplombant la vallée depuis son petit éperon rocheux, Gruyère. C’est toujours émouvant de passer de l’autre coté, gravir une montagne et voir ce qu’il se passe, de l’autre coté.
En ce jour grisâtre, un plafond bas déverse de fines gouttes en continue. C’est le moment de tester le matériel, pantalon et veste de pluie, chaussons imperméables et diverses capuches pour les sacs avant et arrière.
Me voilà parti du foyer où la confection des sacoches, la planification des premiers itinéraires et les demandes de divers papiers ont occupé tout mon univers mentale, je n’ai pas trop réfléchi et me suis projeté facilement au loin.
Petite boucle boucle autour de la Baume pour tester les nouveaux bagages, avec un bivouac. La nuit a été très douce au dessus de Cuges les Pins mais en redescendant au pied du massif tout était givré. Les conditions, givre et lumière du matin étaient parfaites pour prendre des photos mais je n’ai pas eu…